Blog de recherches sur Mariko Mori

15 février 2012

Mariko Mori, Empty dream

Ah et oui j'allais oublier :

Ma bande son sur Empty dream (1995), cette photo vaut le détour.

Empty Dream, 1995 © Photo courtesy of Mariko Mori, AUTVIS, Brasil 2010

Bande son ici

 

Avec le commentaire :

Mariko mori est une artiste d’origine japonaise, c'est une superstar de l'art contemporain, elle expose dans les plus grandes galeries et musés du monde
d'ailleurs la liste serait trop longue a citer

Elle s’est faite connaître pour ses installations multimédias, et avec une série de photos, prises dans la ville de Tokyo, ou elle apparaît dans des costumes,
qui reprennent des images et des clichés issu de la culture et l’imaginaire japonais.
Elle critique cette société qu'elle trouve rigide machiste, et ne laissant pas de place a l'individu de place a l'individu

Cette pièce s’appelle empty dream, rêve vide en français c'est une photo , une installation immense de 6panneaux de 3metres de haut sur 1m50 de large

Le cliché a été pris a l’Ocean dome, en intérieur, c'est la plus grande plage artificielle du monde

On y voit des japonais en train de se baigner, de jouer et se prélasser
Dans un décor de plage paradisiaque,
Mariko mori apparaît plusieurs fois, parmi les baigneurs, tranquillement alongée sur le sable, en costume de sirène

au fond on voit un grand panneau avec le ciel et l’horizon en trompe l’œil
,des îlots en carton pâte de chaque coté, et même Des petits palmiers
bref, rien a envier a disneyland
Les couleurs sont très douces, du bleu clair beige, et les lignes horizontales de l'eau et de la plage appellent au calme

Mais le cadre de l’image laisse apparaître la fin du décor et la structure du bâtiment, sorte de grand hangar industriel

En regardant de plus près les vacanciers, on remarque une légère dissonance dans l’image, tout est trop lisse et laisse a penser que le figurants ont étés replacé photoshoppés,

Cette ambiance figée, irréaliste est encore renforcé dans l’installation, les six panneaux différents fragmentent l’image, et nous invitent a considérer plusieurs petits tableaux plutôt qu’une photo dans son ensemble,

En voyant ces petites scènes, je ne peut m’empêcher a penser peintures par exemple : La grande Jatte, de SEURAT

Mais des qu’on voit, le bâtiment gris au dessus du trompe l’œil, c'est la fin du rêve, on est reconnecté a la réalité, on a l’impression de voir l’envers du décor, comme le tournage d’un film vu de l’extérieur, on y croit plus, cette ambiance paradisiaque apparaît complètement fausse et éphémère, c’est presque surréaliste

Mariko mori détourne ici les codes de la publicité et du marketing, et véhicule un message fort :
la sirène c’est très symbolique, a la fois consensuel, séducteur et dangereux,
elle invite a se poser des questions sur l’ampleur des moyens mis en œuvre pour se détourner de la réalité s’évader, même dans quelque chose de totalement artificiel, de faux… et du vide qu’il y a derrière

c’est ce que j’aime beaucoup dans cette œuvre, mariko mori est partie d’un lieu réel, qui correspond a son message, et juste avec quelques retouches, le cadrage, son apparition en costume de sirène,
elle transforme ce lieu en une illustration parfaite de ce coté artificiel et vain des divertissement modernes, le titre résume l’œuvre, le message est limpide.

Posté par gdelaville à 00:07 - Commentaires [0] - Permalien [#]


14 février 2012

Mariko Mori et la 3D cosmique


A la fin des années 90, Mariko mori change d'orientation dans son travail,
elle ne prend plus de clichés dans des lieux quotidiens,
mais préfère les lieux minéraux, aux ambiances extra terrestres.
Elle mélange l’esthétique de la spiritualité orientale avec la science fiction.
Elle se met en scène, apparaissant comme une déesse.
Ces images son censés représenter une paix, une harmonie retrouvée entre
la spiritualité et la technologie.

Pour ces pieces, elle emploie des moyens demesurés :

Photos de plusieurs mètres de large
Vision 3D,
Video,
Équipes d'infographistes

 

 

mirror of the water 1996

Mirror of the water (1996)

itoi11-20-2

Pureland (1996-1998)

 

mariko-mori-14119_1

Burning desire (1997-1998)

 

Son objectif est de nous faire entrevoir la possibilité d'une réalité alternative, d'une paix avec nous meme, notre environnement,

notre technologie.

Elle nous montres des images d'un autre monde, une autre réalité, elle donne sa vision mystique, et se place en prophete d'une autre ère

 

Je n'aime pas beaucoup cette periode de Mariko Mori.

Il manque la magie, le message est la, mais il n'y a pas l'étincelle qui va nous le faire vivre. Peut etre est-ce a cause de l'esthetique a mal vieillit, ou a la débauche de moyens qui au final ne sert pas le message.

J'ai du mal avec le fait qu'elle se déconnecte du réel, avec le fait que d'une certaine manière, elle se place au dessus des humains. J'ai du mal avec le fait qu'elle veuille nous ouvrir l'esprit mais qu'elle pointe du doigt une possibilité comme le chemin a suivre. J'ai du mal avec le fait qu'elle pose cette solution comme une utopie.

Je la trouve vide, son utopie, je trouve qu'elle manque de spontanéité.

 

Posté par gdelaville à 23:51 - Commentaires [0] - Permalien [#]

Mariko Mori, le Japon, et le tentacle porn

En faisant des recherches plus approfondies, une chose a attiré mon attention,

c'est le rapport ambivalent qu’entretient mariko mori avec son pays natal, le japon
ell s'est faite connaître, dans les années 90,
avec une série de photos, prises dans la ville de tokyo.
En voici quelques unes :

 

play with me

Play with me (1995)

TeaCeremonyIII95

Tea ceremony (1995)

Red Light 1994

Red light (1994)


on y trouve des univers urbains, et beaucoup d 'elements de la culture japonaise :
Jeux videos, costumes (deguisements) de personnages de mangas, ou de jeux videos encore
cérémonie du thé...

Son objectif, mais ça je l'ai lu, est de mettre en tension l'imaginaire des japonais et leur quotidien, montrer un décalage, une impossibilité.

 



C'est en fait quand on commence a connaître la société japonaise, et l'imaginaire japonais qu'on se rend compte d'une tension entre le quotidien des japonais et ce a quoi ils rêvent, une espèce de frustration, reportée dans les fantasmes.

(Je me suis souvent étonné de voir les personnages féminins de mangas si peu ressemblantes aux japonaises : elles ont des yeux démesurés, et des poitrines énormes)

 

Et, on commence a comprendre le message de Mariko Mori

Le japon est connu pour être un pays très sérieux, ordonné, a la pointe de la technologie, ou les normes sociales dirigent tout. Les villes sont bondés, les appartement minuscules,
Il est aussi connu pour être un champion du taux de suicide, oppressant donc.

Mais a coté de ça, le japon revient souvent en référence quand on parle de frivolité, d’activités étranges, de pratiques bizarres, ou encore de fantasmes glauques (auxquels nous n'avions pas encore pensé)
Un peu comme si, il y avait quelque part une soupape de sécurité...


image    MewIchigo2


Certains aspects de cette culture nous paraissent, de notre occident lointain, bien futiles ou ridicules, voire meme degueulasses, au moins pour un temps

(je ne peut m'empecher de citer le mondialement celebre tentacle porn, bikoo 3 - le jeu de viol et robo geisha en exemple de décadance)

Ce qu'essaie de faire sentir mariko mori, et je pense que son message s 'adresse avant tout aux japonais,c'est que nous subissons notre vie quotidienne, et que nous nous perdons dans un tas de divertissements futiles et insensé pour l'oublier.
J'ai la sensation qu'elle a voulu faire bouger les choses, nous inciter a réagir, a changer la réalité autour de nous plutôt que de la fuir.


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06 février 2012

Ballad of Sexual Dependancy

Je suis partagé, mélange de sentiments très différents

Nan Goldin montre tout, le sexe, la drogue, la violence



J'ai trouvé le dispositif très immersif, l’enchaînement de photos nous place derrière l'objectif, donne une vision a la première personne , les photos représentent toujours des gens, et sont souvent prises au premier degré, sans vraiment de mise en scène ou de préparation.
Elles sont riches en émotions très différentes, on passe de l'euphorie d'une fête endiablée à la tristesse absolue ; certains clichés sont mêmes très durs a voir (la piqûre d’héroïne). D'autres juste absurdes (le noir en voiture qui pose en tenant son engin)...
On y voit la naissance, le mariage, la mort ; le sexe a une place très importante, et la sexualité est ambivalente et montrée comme libre : on voit des hommes ensemble, des femmes aussi, et quelque fois on ne sait pas trop ce qu'on voit.
L’enchaînement de ces émotions très variées fait prendre de la distance par rapport a elles...
(cela m'a d'ailleurs rappelé « Enter the void » , de Gaspard Noe)

Il m'est déjà arrivé , dans des circonstances particulières, de « voir » ma vie défiler devant mes yeux, ou plutôt de comprendre tout ce qui avait été important. C'est exactement la même émotion que ces photos m'ont provoquées, comme si la photographe revivait ses moments marquants, les voyait en perspective...

Ce que j'ai retenu :

Ce qui reste a la fin, c'est ce qu'on a ressenti, ce sont les personnes que l'on rencontre, la chaleur que l'on échange avec eux, la spontanéité.

J'en suis ressorti avec l'idée que le bonheur n'est décidément pas conventionnel : une sensation de liberté.

Par contre, a part sur quelques rares clichés,  je n'ai pas vu le lien avec la dépendance sexuelle, même connaissant l'intention de l'artiste a l'avance...

Posté par gdelaville à 16:39 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

Un chien andaloux



A la première vision de ce court métrage, je me demande ce que j'ai vu... Il laisse des images fortes en tete, mais on ne « comprend » ou on ne retient rien.

Le film commence avec l’écriteau «  il était une fois » on s'attend a un conte a un récit, pourtant on a l'impression de voir un enchaînement de scènes absurdes, sans lien logique entre elles, (on a des ellipses temporelles)
le traitement de l'espace est lui aussi éclaté : les transitions entre les lieux sont parfois surprenantes, parfois instantanées, illogiques ( la porte de l'appartement donne une fois sur la rue et sur la plage, double qui apparaît en foret)
Le corps lui aussi est détourné : fourmis qui sortent de la main,  moustaches en poils d’aisselle)
Louis Brunel utilise de multiples registres : la musique elle même est tragi comique : on y retrouve des éléments du cinéma classique (des acteurs, des décors connus)..

Mais malgré ce manque apparent de sens, on a l'impression de suivre quelque chose, toutes ces image, a premiere vue absurdes, sont très évocatrices, et provoquent de fortes émotions fortes (œil coupé, tension sexuelle, tirage des pianos)
On a l'impression qu'elles contiennent un sens caché, un symbolique (papillon sphynx = mort, coffre = secret),  reprenant le langage des rêves...
Pour moi, luis Brunel et Dali utilisent l'absurde pour paralyser la raison, et s’adresser directement au sensible, aux émotions ».

Posté par gdelaville à 16:33 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

Moniker


Moniker est une vidéo de 52 minutes, filmée par Samuel Boche.
Une caractéristique de Boche, a la base photographe est qu'il va dans des endroits oubliés, il s’intéresse aux limites du système, a sa marge, aux détails qui passent inaperçus.

(extrait de Enigma, 2009)

Photo prise a Varsovie


Pour ce travail, Samuel Boche s'est immergé, pendant trois mois, dans le réseau ferroviaire  européen, voyageant et suivant les « hobos » des vagabonds vivant au jour le jour, se déplaçant de ville en ville
Le « Moniker » désigne un signe, un langage codé que se laissent ces vagabonds entre eux.
Il s'est intéressé a cette communauté, vivant en marge de la société.
Ce que je trouve particulièrement beau, c'est qu'il ne s'est pas contenté d’être un spectateur mais il a vécu comme eux, il a pris le risque de se laisser porter, il a renoncé a son contrôle et son confort, il s'est perdu, au grès des gares, et des rencontres fortuites, pour retrouver l'humain.

Dans sa vidéo, les séquences se déroulant dans des gares, m'ont beaucoup marqué :
la gare est le point de rencontre de ces deux univers : c'est une artère du système, un lieu de passage, de vacarme, tout est toujours en mouvement.
Le contraste entre les sols propres du matin, froids et impersonnels, et ces vagabonds aux habits élimés, qui y dorment ; au milieu de l'indifférence générale, est vraiment grinçant.



Sa vision et son expérience sont avant tout humaines, il nous montre une vie insoupçonnée, ou que l'on ne veut pas voir ; la misère de ces personnes abîmées par la vie, mais aussi leur chaleur, leur quotidien.

Le travail de Samuel Boche, Moniker, m'a beaucoup touché, et impressionné:
Les médias, de manière générale ne nous montrent que des gens en costumes, parfumés et bien coiffés, a la pointe de la consommation. En dehors de ça, il n'existe RIEN.
Il s'est détaché de tout cela est y est lui même allé, ramenant le témoignage d'une existence.

 

 

 

 

 



Posté par gdelaville à 16:25 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

26 septembre 2011

Premier contact

J' inaugure officiellement ce blog, je suis même allé jusqu'a taper "Mariko Mori" dans google :

 

et c'est ...Plutôt déconcertant, pour le moment, l'esthetique cos play me choque, la petite berceuse me glace le sang

Étant consommateur de mangas et animes, je pensais déjà avoir un apercu de la culture japonaise:

dans ma tête d'occidental, le japon est un mélange de tradition, décadance, surpopulation, rythme, yakusas, lycéennes en jupe, et jeux videos déconseillés aux épileptiques.

Voila, ma curiosité est attisée, mais, à chaque jour suffit sa peine : j'ai un an pour faire tomber mes a prioris...

Posté par gdelaville à 21:21 - Commentaires [0] - Permalien [#]
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